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En Afrique, se pose le problème existentiel de l’institutionnalisation du débat politique, au delà même du partage nécessaire des ressources. D’où la nécessité de libérer la citoyenneté. En d’autres termes, comment faire pour que quand on perd les élections, on ne met pas son pays à feu et à sang? Pour l’historienne Penda Mbow, de l’Université de Dakar, la question principale est de déterminer jusqu’à quel point l’élite politique nationale se sert des structures et des idéologies déjà présentes dans les sociétés précoloniales et qui ont formé la population de l’Etat précolonial?

Expliquer les crises en Afrique par le prisme ethnique est devenu le raccourci le plus sûr pour les médias en Occident. Cette vision simpliste, ne prend pas en compte d’autres facteurs comme l’économie, la politique et la culture. René Otayek de même que Christian Coulon du Centre d’étude d’Afrique noire (CEAN) en France ont récemment déclaré dans une interview au « Monde » que l’ethnicité est une « vision immédiate qui satisfait une partie de l’opinion occidentale car elle renvoie à une image de l’Afrique sinon primitive, du moins en retard.». Qu’en est-il ?

Dans «Logiques métisses », J.L.Amselle parle d’une « invention des ethnies [qui] est l’œuvre conjointe des administrateurs coloniaux, des ethnologues professionnels et de ceux qui combinent les deux qualifications.». Là où les anthropologues considèrent l’ethnie comme des constructions, les historiens en décrivent les processus de formation. Il faut partir du lignage pour appréhender le processus, décrypte Penda Mbow qui a travaillé sur le sujet. L’ensemble des lignages constituent l’ethnie, dont l’identité culturelle est affirmée par la reconnaissance d’un ancêtre mythique commun, et se traduit par une forte communauté linguistique, écrit l’historienne française Coquery-Vidrovitch.

Le sentiment ethnique se réfère à une communauté culturelle et linguistique expliquée et légitimée comme relevant de l’ensemble du système de parenté. Il existe même des groupes professionnels qui, à force de vivre ensemble, depuis des générations se reconnaissent une culture commune, c’est le cas des Diula, comme on a de plus en plus tendance à le penser, des Hausa, nous dit -on. La complexité ethnique, on la lit surtout à travers la dynamique dans la région des grands Lacs car cette complexité déboucha sur la crise de la citoyenneté actuelle au Kivu.

Peut-on établir des liens entre les contingences politiques de la fin du règne Mobutu et la crise multidimensionnelle dont la région des Grands Lacs constitue l’épicentre? Les revendications des Banyarwanda au Kivu ont-elles un fondement historique authentique ou ne sont-elles qu’une récupération idéologique pour servir l’ambition hégémonique des Batutsi dans l’ère post génocidaire? S’interroge Mme Mbow.

La crise des Grands Lacs s’explique surtout par un déséquilibre géostratégique. Pour Colette Braeckman, la RDC a toujours représenté non seulement un scandale géologique à cause de son sol et sous-sol abondamment riches, mais aussi un scandale géographique par son gigantisme à côté de petits Etats comme le Rwanda ou le Burundi. Pour dépasser l’instrumentalisation ethnique, « il faudrait intégrer la dimension universelle de la politique qui est différente de la musique ou de la religion qui acceptent mieux le phénomène de l’hybridation», affirme Mme. Mbow en réponse à nos questions en s’appuyant sur ses travaux présentés pour le compte du PNUD.

« Le mélange entre les répertoires culturels autochtones et des répertoires importés de l’Occident n’est pas toujours opératoire». Il faut éviter de poser la démocratie en Afrique dans des termes d’un culturalisme statique pour reprendre Jean François Bayart.

Si l’Afrique doit puiser dans son registre culturel pour faire face à ses différentes crises, il est aussi nécessaire de faire évoluer ses structures sociales traditionnelles pour libérer la citoyenneté.

Par El Hadji Gorgui Wade NDOYE,