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MONTREAL TEND LA MAIN AUX REFUGIES

Publié le, 06 mai 2008 par

Par Ghislaine Sathoud, écrivain,

(Montréal)- Si les guerres occasionnent des pertes physiques et matérielles, survivre aux massacres pour les populations est le début d’une aventure pleine de rebondissements, un parcours mouvementé. Aussi, ceux qui choisissent l’exil, non pardon, ceux qui subissent l’exil, ceux qui décampent pour s’éloigner des zones de combats ont du mal à se relever, à recommencer une vie « normale ». C’est dans cette optique que la ville de Montréal au Canada vibrera très prochaine au son de la musique mélancolique qui escorte ces migrants ; un événement d’une grande envergure pour lever le voile sur les péripéties des réfugiés, pour révéler une réalité souvent méconnue…

Sur la piste des réfugiés…

On sait bien que tout migrant doit relever un défi : il faut apprendre les mœurs de la société d’accueil. Et pour les réfugiés, ces survivants des guerres fragilisés par moult épreuves, l’adaptation à la terre d’accueil fait intervenir plusieurs paramètres. Force est de constater que la piste des réfugiés est jalonnée de douleurs et de pertes. De ce fait, les réfugiés vivent dans une totale confusion : les souvenirs du passé les enlacent, le quotidien les inquiète, voire même les dégoûte, quant à l’avenir, il les effraie. Une chose est sûre, l’avenir des réfugiés est une bouleversante incertitude…

Voilà donc pourquoi en 2005, une équipe constituée par six étudiants de l’Université Laval à Québec lançait un projet intitulé Sur la piste des réfugiés. Les animateurs souhaitaient sensibiliser la population sur le quotidien des réfugiés. Soulignons que diverses organisations y participaient notamment l’Université Laval, le Haut Commissariat pour les réfugiés au Canada et la Croix-Rouge Canadienne. L’événement était une réussite. Alors, le Réseau Droits et Démocratie recevait de l’équipe fondatrice le mandat de poursuivre la sensibilisation à travers le Canada.

Depuis lors, les activités de sensibilisation se perpétuent : en 2006, les villes de Québec et de Sherbrooke réitéraient cette démarche ; en 2007 L’université Laval suivait le parcours des réfugiés… C’est au tour de Montréal cette année de tendre la main aux réfugiés : les Montréalais auront deux journées pour s’engouffrer dans cette réalité, pour sillonner dans les ténébreuses avenues empruntées par ces voisins qui veulent d’une terre d’accueil. En effet, Sur la piste des réfugiés sera à L’université du Québec à Montréal du 2 au 4 mai 2008. Le programme est dense et aguichant : forum d’information, installation vidéo de témoignages, exposition de photographies, exposition de dessins d’enfants.

Outre ce programme chargé, toujours dans le but de faire connaître la réalité des réfugiés, la population est appelée à participer activement à une activité baptisée 24h dans la peau d’un (e) réfugié (e). Ici le camp reconstitué par la croix rouge mettra l’accent sur quelques mésaventures des réfugiés particulièrement, l’impuissance et l’attente. Que sait-on des réfugiés ? Comment apprendre à les connaître ? C’est pour répondre à ces questions que la croix rouge a lancé cette reconstitution, une activité pédagogique à la fois pour les participants que pour les visiteurs. Les participants sont des bénévoles : un appel avait été lancé pour le recrutement. À la fin du camp, les bénévoles donneront des avis sur cette expérience, ils partageront les sentiments éprouvés, ce qu’ils retiennent de cette croisière dans l’univers tumultueux des réfugiés...

Quel est donc cet univers ?

La survie et après…

Dans les pays en guerre, les survivants qui réussissent à fuir les combats sont confrontés à d’autres obstacles, d’autres défis surviennent. Les rescapés des guerres ont du pain sur la planche : c’est le début d’un cycle infernal, un cycle troublant et désespérant constitué de diverses incommodités. Hormis la recherche d’une terre d’accueil, il faut s’adapter aux contraintes de cette nouvelle vie. En effet, la précarité brise le cœur et remue le couteau dans la plaie… Bien évidemment les épouvantables souvenirs ressuscitent. Or, ces souvenirs-là sont des cauchemars : les réfugiés veulent s’en débarrer, ils mènent continuellement des batailles pour définitivement dompter ces assaillants qui usent de tous les artifices pour rebondir, pour s’imposer et refuser de se noyer dans la mer de l’oubli… bref, les souvenirs veulent avoir le dernier mot, en fait.

Telle est la vie des réfugiés : des tourments intérieurs, des combats éprouvants pour oublier le passé, et bien plus encore ! De toute façon, peut-on le plus facilement du monde se libérer de l’emprise maléfique des mauvais souvenirs ? Peut-on vivre paisiblement en rayant carrément son passé et se contenter simplement du présent ? À vrai dire, comment renaître à la vie sans savoir si on a le droit de poser définitivement ses valises ? Bien sûr les longues attentes des procédures administratives sont traumatisantes et désespérantes. D’ailleurs, elles contribuent à garder le niveau de stress très élevé. Elles obscurcissent davantage le quotidien des réfugiés : une vie en sursis.

En définitive, le passé des réfugiés se frotte au présent pour embrumer l’avenir. Toutes ces entités se rejoignent inextricablement. Donc, la volonté d’oublier le passé qui devrait sonner comme une « libération » devient une pénitence, une torture. Cette ambivalence permanente, à juste titre, détruit les réfugiés. À tout cela s’ajoute d’autres tracasseries : la recherche d’un refuge, d’une terre d’espérance pour renaître...

En fait, pour les réfugiés, il faut d’abord trouver une terre d’asile pour ensuite panser les plaies, se libérer ou essayer de se libérer du passé.

Donc, on ne peut que saluer l’admirable initiative de sensibilisation sur le sort des réfugiés. Au fait, ceux qui déclanchent des guerres pour des intérêts égoïstes ne pourraient-ils pas se mettre dans la peau des réfugiés comme le feront les Montréalais ?

Ici nous serons avec les réfugiés durant 24 heures… 24 heures dans le camp reconstitué par la croix rouge… Non, non, nous y serons pour 48 heures !

Site de l’auteure : www.ghislainesathoud.com