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TAIWAN : L’AVENIR LIE A LA CHINE

Publié le, 06 mai 2008 par

(Notre envoyé spécial de retour de Taïpei)- Ma Ying-jeou, candidat de l’opposition et ancien maire de Taipei, qui a été élu le 22 mars dernier, président de Taiwan avec un écart de deux millions de voix sur son rival Frank Hsieh, entre en fonction le 20 mai. Elu avec 58 pour cent des voix, Ma-jeou, le nouveau président taïwanais, a réussi à créer un consensus. Il a réussi à battre le parti de l’ex président Shen Shui Bian dont la popularité était en voie de détérioration ces dernières années. Ma-jeou a aussi réussi à recréer un consensus autour d’une idée de relancer l’économie taïwanaise et les relations avec la Chine. Ma Ying-jeou, candidat du KMT ou Kuomintang, créé il y a cent ans par Sun Yat-sen et porté au pouvoir par Chiang Kai-shek, partait favori après la large victoire de son parti aux législatives de janvier dernier. Son adversaire Frank Hsieh, le candidat du DPP, parti au pouvoir, a reconnu sa défaite le soir même de l’annonce des résultats. Le retour au pouvoir du KMT, annonce un rapprochement avec la Chine continentale de Hu-Jintao et un remodelage de la politique taïwanaise en Afrique.

Politique africaine..

Répondant à nos questions lors de sa première conférence avec la presse internationale, Ma-jeou a déclaré qu’il souhaite maintenir de très bonnes relations avec les pays africains avec qui son pays a des contacts diplomatiques. Il précise cependant que la volonté de son pays de créer une « Révolution verte en Afrique a été bloquée par la Chine ». Toutefois, MaYing-jeou, informe qu’il mettra « l’accent sur la diplomatie économique et humanitaire » car dit-il « mieux vaut apprendre à pécher que de donner toujours du poisson », surtout martèle-t-il « quand souvent l’argent va dans la poche de certains politiciens ».

… à l’égard de la Chine...

Concernant l’avenir des relations avec la Chine, l’élection de Ma ouvre une opportunité. Il y aura des progrès, probablement des vols directs vont se développer. Les touristes chinois vont arriver en grand nombre à Taiwan. Au niveau des négociations politiques, il ne faut pas cependant, espérer une percée trop rapidement.

Le président taïwanais se veut très pragmatique dans les relations chino-taiwanaises qui ont été au point mort depuis une vingtaine d’années. En effet, Beijing a pointé un millier de missiles sur Taiwan qu’il considère comme une province. Ce que de fait, Taipei n’est pas. Taiwan élit démocratiquement son président, son parlement et dirige ses affaires intérieures comme extérieures. Cependant la Chine menace de « finir le job » comme nous le disait, Sha Zukan, son ancien ambassadeur à Genève, « si Taiwan déclare officiellement son indépendance ».

La crise entre les deux pays remonte à la guerre civile des années 40. Ancien membre des Nations-Unies, Taiwan a perdu son statut en 1971 à la suite de la Résolution 1527, au profit de la Chine populaire. Pourtant, les deux textes de référendum présentés maladroitement par le DPP et le KMT pour « rejoindre » ou « devenir membre » de l’ONU, a été rejeté par le peuple taïwanais qui se prononçait en même temps sur son éventuelle adhésion à l’ONU. Très pragmatique, Ma-jeou, proche de la Chine, souhaite normaliser les relations entre Beijing et Taipei, signer un Traité de Paix créant une confiance mutuelle afin que les autorités chinoises retirent leurs missiles, et enfin créer un consensus qui délimite et définisse l’espace international des deux pays. Mais tout dépendra de la volonté du président Hu-Jintao. Ce dernier a saisi la balle au bond en recevant le 12 avril le vice-président élu de Taiwan, Vincent Siew. Une rencontre qualifiée d’historique. Cependant Ma Ying-jeou déclarait le jour de son élection qu’il « n’est pas pressé pour une visite officielle en Chine». Pour leur part les USA qui assurent la sécurité de Taipei ont par un fax de Georges Bush, félicité Ma-jeou que le Président américain encourage d’assainir les relations avec la Chine.

Il est clair que Taipei ne pourra pas booster son économie et répondre aux préoccupations de sa jeunesse sans l’érection d’un espace économique, commercial et financier profitable avec Beijing. Pour MA, l’urgence c’est de régler les problèmes quotidiens comme l’établissement de vols directs entre les deux pays, la facilitation du tourisme et le déploiement de l’industrie financière taïwanaise en Chine.

Donc, ce qui urge c’est d’abord une amélioration quotidienne sur des questions techniques comme l’instauration des vols directs et permettre les investissements etc.

Ce qui est important c’est de voir si les deux gouvernements vont réussir de manière directe ou indirecte à instaurer un dialogue politique surtout, engager une discussion au niveau de la sécurité. En effet la sécurité de Taiwan est importante. Mettre de côté les questions de souveraineté et essayer de trouver un modus vivendi sur la base duquel, ils pourront atteindre un accord politique même provisoire.

L’ambigüité identitaire.

L’Institut taïwanais de démocratie dont la mission principale est de consolider la démocratie et de promouvoir les droits de l’Homme, nous informait que 43,7% de la population se sentent totalement Taïwanais alors que 44,5% se disent Taïwanais et en même temps Chinois, au même moment 5,4% se considèrent comme Chinois. Cette hybridité culturelle crée une hybridation politique qui a influencé le choix des 17,2 millions d’électeurs qui étaient appelés aux urnes le samedi 22 mars.


L’identité taïwanaise change chaque jour et est déterminée par les relations avec la Chine. L’identité est d’abord politique et se situe au niveau des valeurs de la démocratie et du développement. Maintenant est ce que les gens se sentent plus Taïwanais ou Chinois ? La question reste ouverte. Cela dépendra aussi de la position de Taïwan et de la Chine populaire. Il faudra garder à l’esprit que les deux sociétés ont des relations de plus en plus étroites même si elles sont asymétriques et incomplètes. L’identité taïwanaise reste autour d’un attachement à la démocratie et autour d’un dialecte taïwanais qui se rapproche du Mandarin et qui appartient à la sphère chinoise aussi. Taïwan ne peut pas totalement se détacher de la Chine. Il y a donc dans l’expression de l’identité quelque chose d’ambigu.

Par El Hadji Gorgui Wade NDOYE