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LE COMMISSAIRE DE NEUCHATEL, OLIVIER GUENIAT, SUR LES TRACES DES DEALERS


Par Egwn
Vaste débat, il y a encore énormément de choses à dire sur le sujet hypercomplexe de la drogue et de la criminalité des étrangers. Le marché de la drogue est caractérisé par son dynamisme, sa souplesse et sa capacité à s’adapter à des contraintes changeantes. Le dernier rapport mondial sur la drogue informe que près de 185 millions de personnes, soit près de 3% de la population mondiale, ou 4.7% de la population entre 15 à 64 ans sont consommatrices de drogues.

Le cannabis est en tête de la consommation mondiale avec près de 150 millions de clients, suivi par les ATS (près de 30 millions pour les amphétamines, notamment la méthamphétamine et amphétamine et 8 millions pour l'ecstasy). Approximativement près de 13 millions de personnes consomment la cocaïne, et 15 millions pour la famille des drogues type héroïne, morphine, opium, les drogues synthétiques (dont 9 millions pour l'héroïne). L'argent de la drogue bénéficie spécialement aux Etats - Unis et l'Europe. En ce qui concerne les profits réalisés par les trafics, la "revue dépendances" nous renseigne que, le Groupe d’action financière internationale (GAFI), créé et composé par les membres du G7, estime à 35 milliards de dollars le produit de la vente de cocaïne (contre 75 milliards pour le cannabis et 12 milliards pour l’héroïne). Sur ces 35 milliards, seuls 1.5 milliards iraient au Pérou et 750 millions à 1 milliard seraient changés en monnaie locale ; 1.5 milliards iraient en Bolivie, dont 500 à 700 millions seraient injectés dans l’économie locale, et 5 milliards iraient aux barons de la cocaïne colombienne qui utiliseraient environ 1.5 milliards dans l’économie nationale. Ainsi réparti, le revenu total des pays producteurs avoisinerait les 8 milliards de dollars, alors que 27 milliards correspondraient aux bénéfices réalisés dans les pays consommateurs, essentiellement aux Etats-Unis et en Europe.
Comment faire face au problème de la drogue? Peut - on rassurer les populations suisses en ce domaine? Le commissaire de la police de Neuchâtel, Olivier Guéniat, docteur d'Etat, spécialiste doublement avisé, répond en toute honnêteté à nos questions.

Qui sont les dealers?

Cela dépend du type de drogue. Pour l'héroïne, il s'agit en majorité de la communauté albanophone et turcophone (de manière marginale arabophone). Pour la cocaïne, il s'agit en majorité de la communauté d'Afrique de l'Ouest (surtout du Nigeria pour le trafic européen) et de manière traditionnelle de la communauté d'Amérique du Sud ou hispanophone, mais aussi arabophone (Liban, Maghreb). Pour le haschisch, il s'agit en majorité des communautés du Maghreb, d'Espagne et du Portugal, mais aussi de Hollande. Pour la marijuana, il s'agit en majorité de la communauté suisse. Pour les drogues entactogènes (ecstasy), il s'agit en majorité des communautés anglophones, allemandes, hollandaises et belges, espagnoles et suisses. Pour les amphétamines et méthamphétamines, il s'agit en majorité des communautés thaïlandaises, vietnamiennes, suisses et des pays d'Europe du Nord (Hollande, Allemangne, etc) et de l'Est (Pologne, Lituanie, Estonie, Russie, etc).

Y a-t-il un lien direct entre drogue et criminalité?

Oui, c'est évident puisque la consommation, la vente et la détention de drogue sont prohibées. Toute dénonciation policière contribue à mettre en relief ce type de criminalité. Le trafic induit également d'autres infractions inhérentes au produit du trafic: l'argent (dont le blanchiment).

Sinon, les consommateurs sont confrontés aux phénomènes de dépendance et de tolérance aux produits psychotropes et doivent consommer souvent de manière compulsive et onéreuse. Pour satisfaire ce vice, le consommateur est souvent amené à commettre des infractions (le vol en particulier). Les scènes ouvertes de la drogue coïncident de manière significative à l'augmentation d'agressions, de rixes et des voies de faits commis sur rue. Il y a donc augmentation de la grande et de la petite criminalité liée au marché de la drogue.

Y a-t- il un lien entre l'émigration, la drogue, jusqu'à quel niveau.?

Oui, il est évident qu'il y a un lien entre les flux migratoires, le marché de la drogue et la criminalité, notamment pour les drogues naturelles puisqu'elles sont cultivées dans les pays pauvres (Sud) et consommées dans les pays riches (Nord).
La division Nord-Sud coïncide à la direction des flux migratoires auxquels se superposent les flux de drogues.
Ce n'est pas vrai pour les drogues synthétiques qui n'entrent pas dans cette logique et pour lesquels les migrants n'ont rien à dire et n'ont pas de place dans ce marché. Il ne faut pas négliger non plus qu'en ce qui concerne les profits issus des drogues naturelles, moins de 10% retournent dans les pays producteurs (pauvres) et 90% sont investis dans les pays riches.

Quelles solutions?

La demande est quasiment inflexible. Les profits sont gigantesques. Entre le site de production et le site de consommation la cocaïne ou l'héroïne augmente jusqu'à 1000 fois sa valeur. Que voulez-vous faire contre cela. De plus, la drogue fait partie de l'histoire du monde depuis plus de 3000 ans av. J-C. Elle est encore aujourd'hui un enjeu majeur de conflits guerriers. Il n'y a pas de solution. Par contre, au niveau de la vente sur rue, on peut monter des stratégies policières et répressives pour éviter que le marché de rue soit ouvert et donc visible. Je pense qu'il faut augmenter au maximum la clandestinité du marché pour qu'il soit aussi discret que possible.

Que dire aux Suisses, que dire aux Etrangers?

Tout n'a-t-il pas déjà été dit. Il s'agit surtout de discours politiques qui ne m'appartiennent pas. On peut avoir beaucoup d'avis sur ce sujet. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il y a une diversité politique...En ce qui concerne la communauté d'Afrique de l'Ouest, il est quasi certain qu'elle ne détiendra pas longtemps le marché de la cocaïne. Elle sera tôt ou tard substituée par une autre communauté. Et vous savez aussi bien que moi qu'il ne s'agit pas de la communauté d'Afrique de l'Ouest, mais de jeunes hommes de 15 à 30 ans, sans famille et toujours célibataires. Ils sont partis de leur pays pour tenter leur chance, pour faire fortune. La cocaïne est un créneau juteux. Ces jeunes africains n'ont rien à faire dans un pays d'accueil et humanitaire, car celui-ci doit accueillir des familles ou du moins une communauté migrante dont la pyramide des âges correspond à celle du pays d'origine. Tout déséquilibre coïncide avec un abus ou un phénomène vicieux.
Or, une pyramide des âges équilibrée induit un contrôle social important de la part de la communauté migrante et très peu de problèmes liés à la criminalité ou à l'intégration...